L'essentiel à retenir

  • La législation espagnole sur le squat a récemment évolué, avec l’objectif d’accélérer certaines procédures dans des situations précises.
  • En Espagne comme en France, les démarches varient selon qu’il s’agit d’un domicile occupé, d’une résidence secondaire ou d’un logement vacant.
  • Les démarches applicables peuvent différer selon qu’il s’agit d’un domicile occupé, d’une résidence secondaire ou d’un logement vacant.
  • En cas de squat, il est recommandé de déposer plainte rapidement et de conserver les justificatifs du logement.
  • Une réaction rapide peut faciliter la transmission d’informations utiles aux autorités compétentes.
  • La sécurisation des accès, la vigilance et la surveillance du logement peuvent participer à réduire certains risques d’occupation illégale.

Le squat en Espagne est un sujet qui peut susciter de nombreuses inquiétudes chez les propriétaires espagnols, les expatriés et les investisseurs immobiliers. Souvent médiatisé, le squat soulève des questions juridiques et pratiques. Comprendre la réalité du phénomène sur place permet d’identifier les risques réels et surtout les solutions qui ont été déployées par le Gouvernement espagnol.

Le squat en Espagne : un phénomène persistant qui préoccupe les propriétaires

Selon le ministère de l'Intérieur espagnol, plus de 16 000 plaintes pour occupation illégale ont été déposées en 2024, en hausse de 7 % sur un an (Source : Portal Estadístico de Criminalidad, Ministerio del Interior, 2025).

 

Le squat est perçu comme un problème croissant pour les propriétaires, surtout pour les résidences secondaires ou les biens laissés vacants. Etant davantage médiatisé (notamment à travers certains cas d’occupations atypiques), les interprétations étant parfois erronées, le cadre légal alimente une certaine inquiétude autour des « okupas », terme souvent utilisé pour désigner les squatters.

1. Que signifie réellement “squat” ou “okupas” en Espagne

Le terme espagnol « okupas » désigne une occupation sans autorisation d’un bien immobilier. Cette occupation peut concerner une maison, un appartement ou un local laissé vide.

Il est important de distinguer 3 grandes situations : une occupation illégale d’un logement vide, un conflit locatif où un occupant refuse de partir malgré un bail, ou encore une occupation temporaire non autorisée.

Le droit espagnol ne reconnaît pas de droit au squat en tant que tel. Toutefois, certaines situations peuvent entraîner des délais ou des protections spécifiques pour les occupants, ce qui peut complexifier les procédures d’expulsion. Les squatters n’acquièrent pas de droits simplement en entrant dans un logement. Dans certains cas, notamment en présence de personnes vulnérables, la procédure d’expulsion peut être temporairement suspendue afin de permettre l’intervention des services sociaux ou le respect des garanties légales. 

2. Pourquoi le squat est perçu comme un problème majeur ?

La perception du squat en Espagne est influencée par plusieurs facteurs. D’abord, les procédures d’expulsion semblaient longues et complexes, surtout pour les biens laissés inoccupés longtemps. Cela donne l’impression que les squatters restent durablement dans les lieux.

Les propriétaires étrangers ou les investisseurs qui ne résident pas en Espagne peuvent mal connaître le droit local, ce qui alimente un sentiment d’impuissance face à l’occupation illégale d’un bien. Comprendre précisément les termes et les règles en vigueur est essentiel pour éviter les idées reçues.

Quelle est la loi anti-squat ou "anti-okupas" en Espagne ?

La question du squat a longtemps été source de tensions en Espagne, entre protection de la propriété privée et enjeux sociaux. Face aux lenteurs judiciaires et à la multiplication des situations médiatisées, le cadre légal a évolué de manière significative. Le cadre légal espagnol a récemment évolué afin d’accélérer certaines procédures d’expulsion, sous conditions visant à apporter des réponses plus rapides et plus claires aux propriétaires confrontés à une occupation illégale.

Le droit espagnol distingue clairement deux situations. L’occupation d’un domicile habité, qu’il s’agisse d’une résidence principale ou secondaire, est considérée comme une infraction grave. À l’inverse, l’occupation d’un logement vacant relève d’un régime différent, même si elle reste illégale. Cette distinction a un impact direct sur la rapidité d’intervention des autorités et sur les démarches à engager.

Le cadre légal espagnol a fait l’objet de plusieurs évolutions ces dernières années, notamment avec la loi 5/2018, qui a introduit une procédure civile simplifiée permettant d’accélérer certaines expulsions. Lorsqu’une intrusion est constatée et signalée dans les 48 heures, les forces de l’ordre peuvent intervenir rapidement. Au-delà de ce délai, le propriétaire doit déposer plainte, mais la procédure judiciaire est désormais accélérée. Une décision peut être rendue en quelques jours ou semaines, là où il fallait auparavant de nombreux mois.

L’objectif de cette loi est de mieux protéger les propriétaires, en limitant les situations d’occupation prolongée et en réduisant l’incertitude juridique. Elle renforce également les sanctions contre les intrusions illégales.

En revanche, elle rappelle un principe essentiel : le propriétaire ne peut jamais agir seul (tout comme en France). Toute expulsion doit passer par les autorités compétentes.

Même si le cadre légal s’est renforcé, il ne remplacera pas une stratégie de prévention comme un système d'alarme adapté à l’habitation.

Le mouvement du squat et l'opinion des Espagnols sur le sujet

Le phénomène du squat s’inscrit dans un contexte plus large lié aux enjeux de logement et de précarité, qui peuvent susciter des perceptions différentes au sein de la population. Le terme « okupa » est largement connu et renvoie à des réalités très différentes selon les situations et les territoires. 

Pour une partie de la population, le squat est perçu comme une conséquence directe de la crise économique et du logement. Le manque de logements accessibles, le chômage et la précarité, notamment chez les jeunes, ont nourri une certaine compréhension du phénomène. Dans ce contexte, le squat est parfois analysé comme étant lié à des difficultés économiques et à l’accès au logement plutôt qu’un acte illégal. 

À l’inverse, le squat est également perçu comme une atteinte au droit de propriété dans certains travaux et enquêtes d’opinion. Par exemple, des études du Centro de Investigaciones Sociológicas (CIS) mettent en évidence des préoccupations liées à la sécurité et au logement au sein de la population espagnole. Par ailleurs, selon des données institutionnelles et rapports publics, les phénomènes d’occupation illégale peuvent être associés à des inquiétudes concernant les dégradations, les conflits de voisinage ou le sentiment d’insécurité. Cette perception peut également être influencée par la médiatisation de certains cas. Entre ces deux visions, l’opinion reste largement partagée. Des mouvements citoyens et associatifs ont contribué à politiser le débat, en mettant en avant le droit au logement, tandis que d’autres voix réclament un cadre plus strict pour protéger les propriétaires. Cette dualité explique en partie l’évolution récente de la loi espagnole, qui cherche à mieux encadrer le squat tout en répondant à un contexte social complexe.

Pour un propriétaire étranger, comprendre ce regard nuancé permet de mieux appréhender la réalité du squat en Espagne, au-delà des idées reçues, et d’adopter une approche à la fois informée et préventive.

Squat en Espagne vs squat en France

Une fois le cadre légal espagnol posé, il est utile de le comparer à la situation française. Le squat en Espagne a longtemps été perçu comme plus problématique, et les chiffres le confirment. En 2024, 16 426 plaintes pour occupation illégale ont été enregistrées par les forces de sécurité espagnoles, en hausse de 7,4 % par rapport aux 15 289 plaintes de 2023 (Source : Portal Estadístico de Criminalidad, Ministerio del Interior, février 2025). Côté judiciaire, les tribunaux de première instance espagnols ont reçu 1 782 procédures de jugements verbaux possessoires pour occupation illégale de logements sur les neuf premiers mois de 2024, soit une hausse de 55 % en glissement annuel (Source : Consejo General del Poder Judicial, rapport « Efectos de la crisis económica en los órganos judiciales », T3 2024). Avant la réforme de 2025, le délai moyen pour obtenir l'expulsion d'un occupant illégal avoisinait deux ans, et pouvait dépasser 24 mois dans certaines communautés autonomes comme Murcia ou les Canaries (Source : CGPJ, estimations des durées moyennes des procédures judiciaires).

En France, les données comparables sont plus fragmentées. Sur la période 2017–2022, les parquets des tribunaux judiciaires ont traité en moyenne 7 900 affaires par an pour violation de domicile avec au moins un mis en cause identifié, un volume en hausse de 16 % sur la période (Source : ministère de la Justice, SDSE, « Infos rapides Justice » n° 11, décembre 2023, données Cassiopée). Depuis l'entrée en vigueur de la loi Kasbarian-Bergé, les interventions policières liées aux squats ont été multipliées par quatre, passant de 12 à 48 appels par mois en moyenne entre septembre 2023 et mai 2024, et 356 expulsions ont été réalisées en neuf mois, contre 101 sur l'ensemble de l'année 2022 (Source : bilan d'application de la loi anti-squat, données préfectorales rapportées par le ministère de l'Intérieur, 2024).

Depuis l'entrée en vigueur de la Ley Orgánica 1/2025 du 2 janvier 2025, appliquée depuis le 3 avril 2025 (Source : BOE-A-2025-76), les deux systèmes se sont rapprochés sur la philosophie : accélération des procédures et distinction claire entre domicile habité et logement vide. 

Pour mieux comprendre les différences entre l’Espagne et la France, il est important de distinguer le type de logement concerné ainsi que les démarches pouvant s’appliquer selon les situations.

SituationEspagneFranceÀ retenir
Résidence principale occupéeLe domicile bénéficie d’une protection juridique renforcée en cas d’occupation illégaleLe domicile bénéficie d’une protection spécifique prévue par la loiDéposer plainte et fournir les justificatifs du logement
Résidence secondaireLe traitement dépend notamment de la situation et de la qualification retenueCertaines protections peuvent également s’appliquer selon les casRéagir rapidement reste important
Logement videUne procédure judiciaire peut être nécessaire selon la situationLes démarches varient selon la nature du logement et les circonstancesNe jamais tenter d’expulser soi-même les occupants
Intrusion détectée rapidementSignalement aux autorités compétentesSignalement aux autorités compétentesUne réaction rapide peut faciliter la transmission d’informations utiles aux autorités
PréventionSécurisation et surveillance du logementMême logique de préventionLimiter les périodes d’inoccupation visibles peut réduire les risques

Dans les deux pays, tout dépend du type de logement concerné et de la rapidité de réaction.

Lorsqu'il s'agit d'une résidence principale et que l'intrusion est signalée rapidement, les forces de l'ordre peuvent intervenir sans attendre une décision de justice. En Espagne, la jurisprudence considère qu'une occupation signalée dans les 48 heures peut être qualifiée de flagrant délit, autorisant la police à procéder à l'expulsion directement (Source : interprétation jurisprudentielle de l'article 202 du Código Penal ; synthèse dans Chalaris Abogados, « Nueva Ley Antiokupas : claves, juicios rápidos y aplicaciones », février 2026). En France, la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, dite loi Kasbarian-Bergé, permet au préfet, en cas de violation de domicile constatée, d'ordonner l'évacuation dans un délai d'environ 72 heures (48 h d'instruction + 24 h minimum de mise en demeure) (Source : article 38 de la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007, tel que modifié par la loi n° 2023-668). Les sanctions pénales pour violation de domicile ont par ailleurs été triplées en France, passant à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende (Source : article 226-4 du Code pénal, modifié par l'article 3 de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 ; validé par la décision du Conseil constitutionnel n° 2023-853 DC du 26 juillet 2023).

La situation devient plus complexe lorsque le logement est vide ou utilisé comme résidence secondaire. En Espagne comme en France, une procédure judiciaire reste souvent nécessaire, mais les délais se sont considérablement raccourcis. En Espagne, la loi de 2025 permet désormais de traiter les cas d'allanamiento de morada (violation de domicile) et d'usurpación (usurpation) via un procès rapide, avec une décision pouvant intervenir dans un délai théorique maximum de 15 jours depuis la mise à disposition judiciaire (Source : modification de l'article 795 de la Ley de Enjuiciamiento Criminal par la Ley Orgánica 1/2025 ; synthèse dans Idealista, « Qué cambia con la entrada en vigor de la ley antiokupas », avril 2025). En France, la procédure préfectorale Kasbarian s'applique également aux résidences secondaires et aux locaux d'habitation au sens large, même si la voie judiciaire reste parfois mobilisée selon les situations.

Dans les deux pays, le rôle des autorités est comparable. Elles appliquent le cadre légal mais ne peuvent intervenir immédiatement dans tous les cas. Un point est commun et essentiel : le propriétaire ne peut jamais agir seul. Toute expulsion doit obligatoirement passer par une décision officielle, administrative ou judiciaire, sous peine de sanctions pénales.

Cette comparaison permet de relativiser le phénomène. Le squat n'est ni spécifique à l'Espagne, ni radicalement différent en France. Dans les deux contextes, la meilleure protection reste la prévention : sécurisation du logement, détection rapide d'une intrusion et capacité à réagir dans les premières heures, la fenêtre clé pour éviter des procédures longues et contraignantes.

Comment expulsent-ils les squatteurs en Espagne ? La procédure

En Espagne, l’expulsion de squatteurs repose avant tout sur la rapidité de réaction. Plus une occupation est détectée tôt, plus les démarches sont simples. C’est pourquoi la prévention et la surveillance d’un logement jouent un rôle essentiel, en particulier pour les biens inoccupés ou les résidences secondaires.

Lorsque l’intrusion est repérée rapidement et signalée dans les 48 heures, les forces de l’ordre peuvent intervenir sous preuve de propriété. Cette procédure permet de limiter fortement la durée du squat.

Si l’occupation est découverte plus tard, l’expulsion passe par une décision de justice. La procédure est aujourd’hui plus rapide qu’auparavant, mais elle peut malgré tout prendre plusieurs semaines ou mois selon les situations. Le juge vérifie alors que les occupants n’ont aucun droit légal à rester dans le logement.

Dans tous les cas, une règle s’impose. Comme en France, le propriétaire ne peut jamais expulser lui-même des squatteurs. Seule l’intervention des autorités est autorisée. Agir vite et de manière encadrée reste la meilleure façon de récupérer son bien sans complications.

Comment se protéger du squat ?

La prévention reste le moyen le plus efficace pour éviter une situation de squat, que vous viviez sur place ou que vous possédiez une résidence secondaire en Espagne. L’enjeu principal est de détecter une intrusion le plus tôt possible pour pouvoir agir rapidement.

Les logements inoccupés sont les plus exposés. Sans surveillance, une intrusion peut passer inaperçue plusieurs jours, voire plusieurs semaines. À l’inverse, un système de sécurité permet d’être alerté immédiatement, même à distance. C’est un point clé pour les propriétaires français qui ne résident pas en permanence en Espagne.

S’équiper d’un système d’alarme afin de se prémunir des squats permet à la fois de dissuader et de réagir. La présence visible d’un système de sécurité, de caméras ou de signalétique réduit fortement les tentatives d’intrusion. En cas de détection suspecte, l’alerte est déclenchée sans attendre.

Avec les solutions Verisure, l’alarme est reliée à un centre de télésurveillance disponible 24h/24 et 7j/7. Dès qu’une alerte est reçue, des agents de télésurveillance effectuent une levée de doute, à distance, via les équipements installés ou par contact avec le propriétaire. Si une intrusion est confirmée après levée de doute, les forces de l'ordre sont alertées, dans les conditions de l'article L. 613-6 du Code de la sécurité intérieure.

Ce fonctionnement est particulièrement adapté aux résidences secondaires. Il permet de réduire les risques d’occupation prolongée en facilitant une détection rapide et d’éviter qu’un squat ne s’installe. En combinant surveillance continue et réactivité, la télésurveillance devient un véritable outil de tranquillité d’esprit pour les propriétaires en Espagne.

Abonnement avec télésurveillance : à partir de 34,90 € TTC / mois(21) 

La télésurveillance Verisure comprend :

  • la télésurveillance 24h/24 et 7j/7,
  • la gestion des alertes SOS,
  • l'alerte des forces de l'ordre, après levée de doute, si la situation l'exige

Installation du système d’alarme : dès 199 € HT (20) 

L’installation comprend :

  • une centrale d’alarme,
  • un détecteur de chocs et d’ouverture,
  • un détecteur de mouvements images,
  • un lecteur de badges,
  • trois badges intelligents.

Chaque configuration est ajustée par l'expert sécurité en fonction du logement à protéger.

Les questions posées autour du squat en Espagne

Qu’est-ce que la brigade anti-squat en Espagne ?

Il n’existe pas de brigade anti-squat officielle en Espagne, au sens d’un service public dédié. En revanche, certaines sociétés privées proposent des services de surveillance, d’intervention ou d’assistance juridique pour aider les propriétaires à sécuriser leurs biens. Leur rôle consiste généralement à détecter rapidement une occupation, accompagner les démarches légales et alerter les autorités compétentes lorsque cela est nécessaire. Elles n’ont toutefois aucun pouvoir judiciaire et ne peuvent intervenir sans cadre légal.

Le squat de villa en Espagne est-il courant ?

Les villas ne sont pas visées en tant que telles, mais leur statut de résidence secondaire les rend plus vulnérables. En droit espagnol, l'occupation d'un logement inoccupé relève de l'usurpation, un délit distinct de l'intrusion dans une résidence habitée, historiquement moins sévèrement sanctionné. Lorsqu'un bien reste inoccupé sur de longues périodes sans signe visible d'habitation, il peut devenir une cible pour des réseaux organisés. Depuis avril 2025, la loi Orgánica 1/2025 permet toutefois de traiter ces affaires en procédure rapide, avec un objectif de résolution en 15 jours. D'où l'importance de sécuriser et de surveiller régulièrement ce type de bien, même à distance, afin de prouver une possession active.

Obtenez un résumé de l'article avec :