Verisure, Covéa et Saretec consacrent l’édition 2026 de l’Observatoire de la Sécurité des Foyers à la prévention des chutes des seniors à domicile. Cette étude analyse les causes et les conséquences des chutes, mais aussi les solutions permettant de sécuriser le logement, de préserver l’autonomie des personnes âgées et d’accompagner leurs proches aidants.
L'essentiel à retenir
- Plus de 20 000 décès et plus de 174 000 hospitalisations liés aux chutes ont été recensés en France en 2024.
- Le coût annuel des chutes des personnes âgées est estimé à 2 milliards d’euros.
- Près d’une personne interrogée sur quatre âgée de 50 ans ou plus déclare avoir chuté à son domicile au moins une fois au cours des 12 derniers mois.
- Cette proportion atteint près d’une personne sur trois chez les 75 ans et plus.
- 76 % des personnes interrogées considèrent la chute à domicile comme l’accident de la vie courante le plus meurtrier.
- La prévention repose notamment sur le suivi de sa santé, l’activité physique, l’adaptation de ses comportements et la sécurisation du domicile.
Pourquoi les chutes des seniors constituent-elles un enjeu majeur ?
Les chutes représentent un enjeu important de santé, de sécurité à domicile et de maintien de l’autonomie. Selon les données citées dans l’Observatoire de la Sécurité des Foyers 2026, elles entraînent chaque année en France plus de 20 000 décès et plus de 174 000 hospitalisations. Leur coût annuel est estimé à 2 milliards d’euros.
Le vieillissement de la population renforce cet enjeu. Selon les projections de l’Insee reprises dans l’Observatoire, les personnes de plus de 65 ans seraient deux fois plus nombreuses que les moins de 20 ans en France en 2070. Prévenir les chutes devient ainsi essentiel pour favoriser le bien vieillir chez soi.
Combien de seniors chutent à leur domicile ?
Selon l’étude réalisée pour l’Observatoire, près d’une personne interrogée sur quatre âgée de 50 ans ou plus a chuté au moins une fois à son domicile au cours des 12 derniers mois. Le risque déclaré augmente avec l’âge : près d’une personne sur trois est concernée chez les 75 ans et plus.
Les conséquences potentielles sont largement identifiées par les Français. 76 % des répondants considèrent la chute à domicile comme l’accident de la vie courante le plus meurtrier et 71 % perçoivent une chute comme un signal d’alarme.
Pourtant, le risque reste encore insuffisamment pris en compte. Près d’un répondant sur deux considère la chute comme une préoccupation importante au quotidien, mais seulement une personne sur quatre déclare s’en inquiéter régulièrement. Chez les 75 ans et plus, 64 % en font une préoccupation importante et 34 % une crainte régulière.
Par ailleurs, seuls 54 % des répondants estiment qu’il est tout à fait important de consulter un médecin après une chute.
Quelles sont les principales causes de chute chez les seniors ?
Une chute résulte souvent de plusieurs facteurs. Certains sont liés à la santé, aux capacités physiques ou à l’état général de la personne. D’autres sont associés à son environnement, à ses équipements ou à l’aménagement de son logement.
Les facteurs liés à la santé et aux capacités physiques
- la diminution de la force musculaire ;
- les déficiences visuelles ou auditives ;
- les troubles de l’équilibre ou de la marche ;
- certaines maladies affectant les capacités physiques ;
- les troubles neurologiques ;
- la dénutrition ou la déshydratation ;
- la fatigue ;
- les troubles anxieux, la dépression ou la prise de médicaments pouvant diminuer les réflexes.
Les facteurs liés au logement et à l’environnement
- un espace de circulation encombré ;
- la présence de tapis, de marches ou d’obstacles ;
- un sol glissant ou mouillé ;
- un éclairage insuffisant ;
- un chaussage inadapté ;
- une aide technique absente, inadaptée ou mal utilisée ;
- une cuisine, une salle de bain ou une baignoire difficilement accessible ;
- des sols extérieurs irréguliers.
Parmi les répondants, 44 % associent la chute à l’âge, à la perte de force musculaire ou aux difficultés de déplacement. Moins d’un tiers estime qu’elle peut être liée à un logement insuffisamment adapté et 29 % l’attribuent à des raisons de santé physique.
Quels comportements peuvent augmenter le risque de chute ?
Certains gestes du quotidien peuvent exposer les seniors à un risque de chute. Selon l’étude, 82 % des personnes interrogées âgées de 50 ans ou plus déclarent réaliser fréquemment au moins une activité à risque. Cette proportion atteint 87 % parmi les personnes ayant déjà chuté deux fois ou plus.
Les activités à risque les plus fréquemment déclarées sont notamment :
- porter des sacs de courses ou des charges lourdes ;
- monter ou descendre un escalier en portant des objets ;
- se dépêcher ou courir pour accomplir une tâche domestique ;
- nettoyer ou entretenir des surfaces en hauteur ;
- monter sur un escabeau ou accéder à un grenier ;
- changer une ampoule ou atteindre un objet placé en hauteur.
Comment prévenir les chutes des personnes âgées à domicile ?
La prévention des chutes commence par une meilleure connaissance de son état de santé, de ses capacités physiques et des zones à risque dans son logement. Elle peut notamment reposer sur un suivi médical préventif, une activité physique adaptée, une alimentation équilibrée et une vigilance particulière face à la fatigue ou à la déshydratation.
Il est également utile d’examiner régulièrement l’aménagement du domicile afin d’identifier les éléments susceptibles de provoquer une chute :
- dégager les espaces de circulation ;
- retirer ou sécuriser les tapis ;
- améliorer l’éclairage des pièces, des escaliers et des zones de passage ;
- sécuriser les sols glissants ;
- installer des barres d’appui dans les espaces qui le nécessitent ;
- placer les objets du quotidien à une hauteur facilement accessible ;
- utiliser des aides techniques et des équipements adaptés à ses besoins.
Réaliser un audit de sécurité de son domicile permet de repérer les principaux risques et de déterminer les aménagements utiles. Ces mesures ne nécessitent pas toujours des investissements importants et peuvent contribuer à préserver durablement l’autonomie des seniors.
Quelles peuvent être les conséquences d’une chute sur l’autonomie ?
Même lorsqu’elle paraît sans gravité, une chute peut avoir des conséquences physiques, psychologiques et sociales. La peur de tomber à nouveau peut conduire une personne âgée à réduire progressivement ses activités physiques et ses interactions sociales.
Cette diminution d’activité peut entraîner une perte de force musculaire, d’équilibre et de confiance en soi. Elle peut également favoriser l’isolement et augmenter le risque d’une nouvelle chute. La prévention et l’accompagnement après un premier accident sont donc essentiels pour préserver l’autonomie et limiter le risque de rechute.
Quel est le rôle des proches aidants dans la prévention des chutes ?
Les proches aidants, souvent le conjoint ou les enfants, sont des acteurs essentiels de la prévention. Présents dans le quotidien des seniors, ils peuvent aider à repérer les situations dangereuses, à faire évoluer certaines habitudes et à mettre en place des aménagements ou des équipements adaptés.
Ils peuvent toutefois se heurter à la réticence de la personne concernée. La charge mentale, organisationnelle et émotionnelle qui leur incombe peut également être importante. La prévention doit donc prendre en compte les besoins de la personne âgée, mais aussi ceux de ses proches aidants.
À propos de l’Observatoire de la Sécurité des Foyers
Créé en 2018 par Covéa, Verisure et Saretec, l’Observatoire de la Sécurité des Foyers contribue à une meilleure connaissance des risques domestiques et à leur prévention auprès du grand public.
L’Observatoire publie des études et des guides consacrés à des thématiques spécifiques de sécurité à domicile. Ces publications associent des données portant sur les modes de vie des Français, des analyses et des conseils pratiques pour mieux comprendre les risques et favoriser le passage à l’action.
Comment l’étude 2026 a-t-elle été réalisée ?
L’étude de l’Observatoire de la Sécurité des Foyers 2026 a été réalisée par Adwise selon deux approches complémentaires.
Le volet qualitatif repose sur 21 entretiens menés auprès de professionnels de santé, de proches aidants et de personnes ayant déjà été victimes d’une chute.
Le volet quantitatif a été mené auprès de 1 019 femmes et hommes âgés de 50 ans et plus. Le sondage a été administré du 29 août au 8 septembre 2025.
Sources : étude Adwise pour l’Observatoire de la Sécurité des Foyers 2026 ; Santé publique France pour les décès et hospitalisations en 2024 ; plan antichute 2022 du Gouvernement pour l’estimation du coût annuel ; Insee pour les projections démographiques.
